Vendée Globe – Jour 50: 29 décembre – Glaces en vue pour François Gabart et Armel Le Cleach

décembre 30, 2012 5:09
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Vendée Globe 2012 – Jour 50: 29 décembre – François Gabart et Armel Le Cleach naviguent à vue à 4 jours du Cap Horn. Derrière, tous les concurrents ont passé le Cap Leeuwin.
François Gabart et Armel le Cléac’h se sont affranchis ce matin de la dernière porte de sécurité glace, la Est Pacifique. Devant leurs étraves, le tapis rouge est déroulé pour doubler d’ici trois jours le cap Horn. Mais au bout du tapis, il y a une sacrée marche à franchir. Ou plutôt un slalom spécial à faire froid dans le dos, au milieu d’une quinzaine d’icebergs qui dérivent dans le sud-est du cap Dur. Dans les remous des deux leaders, il y a du vent et de la mer pour presque tout le monde. Un peu trop, même, au goût de Jean Le Cam ou d’Alex Thomson qui rêvent d’en finir avec le Grand Sud… Ils ne sont pas les seuls.
Depuis le 1er décembre, François et Armel naviguent à portée de jumelles. A 19 reprises, ils se sont échangé les rênes de la course et ils risquent fort de doubler le troisième et dernier cap de cette grande boucle planétaire à quelques dizaines de minutes d’intervalle, le 1er janvier 2013. Cet interminable corps à corps relève du « jamais vu » en course océanique et on ne soupçonne pas à quel point il est éreintant pour ces deux compétiteurs qui ne lâchent rien. Dans ce duel, ils ne se sont octroyé aucun répit, aucun faux pas et aucun état d’âme. Ahurissant !
Cap Horn on the rocks
A 1280 milles du cap Horn et à seulement 1 mille d’un de l’autre, les skippers de MACIF et de Banque Populaire plongent vers les latitudes froides et hostiles à 18 nœuds de moyenne. Il leur faudra descendre au moins jusqu’à 56 degrés sud pour doubler la Terre de Feu et mettre le clignotant à gauche. Mais avant de faire leur retour en Atlantique sud, ils devront traverser une zone de 50 milles truffée de glaçons. Des icebergs de 100 à 400 mètres pour les plus gros et les plus visibles au radar. Le problème étant moins ces mastodontes blancs que leur progéniture, les growlers ou bourguignons, seulement repérables à l’œil nu. Ce slalom dans un champ de mines sera le prix à payer pour le ticket de sortie du Grand Sud. Une sortie qu’ils sont nombreux à appeler de leurs vœux.
En finir avec le Sud
En troisième position, Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) a cessé son ascension vers le sommet de la course. Maintenant que les leaders ont accéléré, son écart est en train de se stabiliser. Le bateau bleu devrait doubler l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud avec une petite journée de retard sur ses prédécesseurs. Le plus tôt sera le mieux ! Car de son propre aveu, « Jipé » a hâte de quitter les mers du sud, d’en finir avec le froid et l’humidité, avec les pieds qui macèrent dans les bottes. Un sentiment partagé par Alex Thomson (Hugo Boss) qui subit depuis 12 heures des rafales à 40 nœuds : « je suis très, très fatigué. Je n’arrive pas à dormir, le vent est trop instable, je dois régler tout le temps » écrivait-il ce matin. Même lassitude de la part de Jean Le Cam (SynerCiel), qui évitait de justesse un « départ au tas » en pleine vacation de la mi-journée. « Là c’est chaud, c’est très chaud, le vent est tellement instable. Qu’est-ce que c’est bien quand ça mollit et qu’on voit enfin un rayon de soleil ! ».
En ce 49e jour de course, seuls Mike Golding (Gamesa) et Dominique Wavre (Mirabaud) progressaient toutes voiles dehors, dans des conditions relativement confortables, à la lisière sud d’un anticyclone. Mais cette parenthèse ne durera qu’un temps.
A l’arrière, il y a du vent fort pour tous et parfois une belle mer croisée, surtout pour Alessandro di Benedetto, seul concurrent à naviguer encore dans l’océan Indien. Le skipper de Team Plastique est loin d’en avoir fini avec le Grand Sud. Encore trois semaines de gris et de déferlantes avant d’amorcer le virage vers la maison…