Bernard Stamm reprend la course sur Cheminées Poujoulat – jour 49 – Vendée Globe

décembre 29, 2012 6:21
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Vendée Globe 2012 – Jour 49 – 28 Décembre Arnaud Boissière sur Akena Véranda nous présente une île mystérieuse alors que Bernard Stamma sur Cheminée Poujoulat a repris la course.
Ça bouge sur le Pacifique. Alors que les deux leaders sont encore aux prises avec des vents faibles, derrière on s’active. Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) a réduit son retard de plus de 150 milles en vingt-quatre heures. Plus à l’arrière, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) commence à envisager de jouer sa partition dans l’harmonie des Tontons Flingueurs. Jean Le Cam qui les a quittés, préfère jouer les troubadours solitaires.
Pour les deux solistes en tête de course, le Pacifique a troqué les cuivres symphoniques pour une petite musique de chambre. Le vent, qui a singulièrement molli, ne permet pas d’aller très vite, mais permet à Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) comme François Gabart (MACIF) de recharger leurs batteries avant le dernier tronçon qui les mènera jusqu’au cap Horn. Avec encore près de 400 milles d’avance sur Jean-Pierre Dick, les deux leaders ne sont pas encore sous la menace immédiate de leur premier poursuivant. L’occasion est donc belle pour faire un check-up complet du bateau, engranger quelques heures de sommeil bénéfiques et commencer à se projeter sur le passage du cap Horn, d’ici quelques jours.

Les batteries de Bernard
Pas de départ en fanfare pour Bernard Stamm. Le skipper de Cheminées Poujoulat a quitté Dunedin en toute discrétion, après un arrêt forcé et plus de vingt-quatre heures de travail de forçat pour remettre en état son bateau. Les deux hydrogénérateurs sont maintenant en place et le navigateur suisse fait à nouveau route. Joint ce midi à l’occasion du direct, lors d’une brève conversation, Bernard attendait de vérifier si la charge de ses batteries se faisait convenablement, maintenant que les deux hélices sont solidement fixées au tableau arrière du bateau. Du coup, les quelques heures à venir vont sûrement lui paraître longues, en attendant le verdict. Toutes les péripéties de son escale forcée ont fortement entamé le capital sommeil du solitaire qui avouait avoir besoin de dormir, maintenant que le bateau avance sous pilote. Entre la décompression survenant après une forte période d’incertitudes et de tension, et la fatigue physique d’un travail aussi usant qu’ingrat, la perspective d’une sieste réparatrice est plus que bienvenue.
Petite musique de nuit
Pendant ce temps, derrière les deux leaders, tout baigne dans le meilleur des mondes. Jean-Pierre Dick avance à grande vitesse sur une mer qui s’est bien ordonnée, propice aux grandes vitesses. Il manque juste le souffle de vent supplémentaire pour aller titiller la barre des records, mais ce qui est pris n’est plus à prendre. Même son de cloche chez Jean Le Cam. Le skipper de SynerCiel, toujours à l’affut derrière Alex Thomson (Hugo Boss), avouait dans un message à son équipe technique avoir dormi presque huit heures d’affilée. Lui aussi profite d’une mer rangée, d’un vent stable et de la lune qui, chaque nuit, se dévoile un peu plus pour avaler les milles en direction de la porte Pacifique Ouest. Ce trio devrait creuser, au moins provisoirement, les écarts avec le groupe Mike Golding (Gamesa), Dominique Wavre (Mirabaud) et Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered). Les trois sont, en effet, sous la menace d’une petite dorsale anticyclonique qui s’étend progressivement depuis le sud de la Nouvelle-Zélande vers la zone de course.
Bel Canto pour Alessandro
La situation fait aussi les affaires d’Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui revient à grand pas sur ce petit peloton. Le Sablais d’adoption démontre, qu’au fur et à mesure de l’avancée de son Vendée Globe, il se sent de plus en plus en phase avec son bateau. Il tient actuellement la deuxième meilleure moyenne des dernières vingt-quatre heures, juste derrière Jean-Pierre Dick. Dans son sillage, Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) est entré à son tour dans le Pacifique. Ils ne sont plus que deux à être encore dans l’Indien, Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) et Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) qui a fêté le passage du cap Leeuwin par un tonitruant air d’opéra. On ne renie pas ses origines d’un trait de plume.