Vendée Globe – jour 66 – Bertrand de Broc au cap Horn

janvier 18, 2013 3:18
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Vendée Globe 2012 – jour 66 – 14 Janvier 2012 – Bertrand de Broc au cap Horn
- François Gabart mène la danse
- Bertrand de Broc au cap Horn dans la boucaille
- Situation incertaine entre le cap Horn et les alizés

Statu quo dans les alizés. François Gabart (MACIF) veille jalousement sur son pécule de milles. Le trio des poursuivants n’a, pour l’heure, rien d’autre à faire que prendre son mal en patience et attendre le pot au noir pour espérer une ouverture. Derrière le quatuor de tête, ça bouge.
Ce n’est ni le petit cheval blanc insouciant de la chanson, ni Ourasi, le roi fainéant qui dominait de la tête et du poitrail ses adversaires. François Gabart continue de construire sa domination à force de travail et d’une rigueur méthodique dont il ne se départit pratiquement jamais. Interrogé lors du direct sur ses éventuels loisirs à bord, le leader avouait passer l’essentiel de son temps libre à dormir, de manière à être au mieux de sa forme au moment d’aborder l’hémisphère nord. Car la météo ne promet pas forcément d’être très simple et pourrait conditionner un passage plus ou moins ouest du pot au noir. Pour l’heure, le skipper de MACIF monte plein nord en direction du méridien 28° ouest où la zone de convergence intertropicale semble peu active. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), tout comme Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et Alex Thomson (Hugo Boss) ne peuvent que suivre le sillage, en attendant un éventuel chausse-trappe dans lequel tomberait le leader. François Gabart est attendu à l’équateur demain en fin de matinée. Armel Le Cléac’h pointerait 17 heures plus tard, suivi de Jean-Pierre Dick et d’Alex Thomson, chacun avec un retard d’une journée sur le précédent.
Le « Crunch » avant l’heure
A l’heure prochaine du démarrage du Tournoi des Six Nations, Jean Le Cam (SynerCiel) et Mike Golding (Gamesa) remettent la vieille rivalité franco-anglaise à l’honneur. Entre les deux concurrents qui se connaissent par cœur, il n’y a plus que 21 milles d’écart. Deux précautions valant mieux qu’une, le navigateur britannique n’a pas manqué d’accompagner sa remontée sur son adversaire d’un commentaire non dénué d’humour, sur le fait qu’il souffrait de soucis techniques et que, par conséquent, Jean Le Cam devait surement être affecté du même mal. Ici Londres, la guerre des ondes a commencé…
La bataille est tout aussi chaude entre Dominique Wavre (Mirabaud), Javier Sanso (ACCIONA 100% EcoPowered) et Arnaud Boissières (AKENA Vérandas). Le navigateur suisse, sur une position médiane, contient pour l’instant les assauts de ses deux adversaires, le premier parti sur une option est, en vue de rejoindre la bordure de l’anticyclone de Sainte-Hélène, l’autre plutôt vers l’ouest, espérant un retour des vents portants générés par un nouveau centre dépressionnaire en formation. Mais dans cette région, les routages restent très aléatoires, compte tenu de l’instabilité des situations météo. Réponse d’ici trois à quatre jours.
4000 cap-horniers
C’est aujourd’hui en fin d’après-midi que Bertrand de Broc va faire franchir le cap Horn aux milliers de souscripteurs qui ont participé à l’aventure Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets. Pour le navigateur de Sainte-Marine, l’émotion était palpable lors du direct de ce jour. Si le projet, malgré sa date de lancement tardive, a pu voir le jour, c’est grâce à la mobilisation de ces anonymes qui peuvent se dire qu’ils ont participé à leur manière au franchissement du « cap dur ». Derrière lui, Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) et Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) vont devoir encore vivre quelques jours au rythme des australopithèques du grand Sud : sommeils fractionnés, vigilance permanente, alimentation opportuniste… Pour Alessandro, la délivrance sera sûrement retardée de quelques heures. Le navigateur franco-sicilien s’est retrouvé aux prises avec la rupture de sa drisse de gennaker. La voile est tombée à l’eau et s’est coincée dans un des safrans de son voilier. Ce genre d’incident sera-t-il suffisant pour faire perdre sa bonne humeur au serre-file du Vendée Globe ? Il est permis d’en douter…