Le Tour de France à la voile : Le tentation du portant / 6 juillet 2013

juillet 8, 2013 3:15
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« L’étape de portant s’annonce agréable, dans de bonnes conditions » sourit Christopher Pratt ravi. Comme ses concurrents, le navigateur de Bretagne Crédit Mutuel Elite a hâte de partir ce soir pour une douzaine d’heures de portant vers Deauville. … D’autant plus hâte que les parcours techniques prévus ce matin à Dieppe ont été annulés faute de vent.

Le beau temps anticyclonique a ses inconvénients. Mais ce système actuellement installé au-dessus de la Belgique a surtout des avantages. Le soleil estival qui règne depuis hier a fait se déplacer en nombre le public sur le village de la course. La caravane publicitaire du Tour a silloné la ville et les plages durant toute l’escale normande pour aller à la rencontre des Dieppois. Trait d’union entre la fin de l’année scolaire et le début des grandes vacances, l’étape en Seine Maritime lance véritablement la Grande Fête populaire de l’été.

Quant au ralliement qui attend les 12 équipages cette nuit, elle devrait se courir au portant dans des conditions agréables. Un flux de nord-est de 8 à 12 nœuds est prévu pour cette troisième étape du TFV 2013. Le départ sera donné à 21h devant Dieppe, direction Deauville à 79 milles au sud-ouest. L’étape comptera triple au classement général et les routages prévoient une douzaine d’heures de navigation au portant. Seul un bord de près ouvert d’une douzaine de milles les attend sur la fin pour rejoindre la ligne d’arrivée.

Dans ces conditions idéales, le courant jouera un rôle crucial. Il sera d’abord contre les M34 puis les poussera une fois la renverse passée, à la nuit tombée. Au matin, les monotypes l’auront de nouveau contre eux. Les options, elles, tiennent presque de la tactique de parcours technique. « Peut-être que certains joueront le courant à la côte, peut-être que d’autres resteront au large … » anticipe Erwan Israël, le navigateur de Groupama 34 avant de se faire mystérieux : « je ne peux pas en dire plus ».

Chez les amateurs, la difficulté semble résider davantage dans la capacité à tenir éveillé et rester frais pour prendre les décisions tactiques et stratégiques. « On sait déjà que ça va être une étape assez difficile. Elle ne prendra pas beaucoup de temps mais il faudra être éveillé toute la nuit pour s’assurer que les voiles sont bien bordées et ne rater aucune risée ! C’est du travail donc on va bien se reposer et se mettre en condition psychologiquement » racontait Johan Jacqua, numéro deux de Martinique — BE Brussels, en début d’après-midi.

Alors, ce matin, dès l’annonce du retour à terre par le comité de course, les 96 marins sont partis se reposer et travailler sur leurs fichiers météo. Cette nuit, il faudra guetter le vent, sentir le courant. S’appliquer aussi aux empannages qui s’annoncent nombreux, se méfier de l’embouchure de la Seine et du trafic à l’entrée du port du Havre. Le directeur de course Christophe Gaumont prévoit une arrivée autour de 9h demain dimanche matin à Deauville.